Where is my mind - Chapitre 24  (Where is my mind ?) posté le dimanche 19 avril 2015 14:59

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Everything to prove - Chapitre 5 - Partie 3  (Everything to prove) posté le samedi 21 mars 2015 12:52

Suite de la partie 2

Nous fûmes réveillés au beau milieu de la nuit par mon téléphone qui n'arrêtait pas de sonner. Un grognement s'échappa de mes lèvres alors que nous n'avions pas dormis très longtemps tous les deux. Je ne pus m'empêcher de rire quand je vis mon amant rabattre la couverture sur sa tête tandis que je me levais.

 

J'attrapais ce maudit téléphone et décrochais, la voix encore enrouée par le sommeil.

 

- Jaeden ! S'écria Kain, étonnement joyeux, je... Suis Papa !

 

Mes yeux s'écarquillèrent et un énorme sourire étira mes lèvres.

 

- Vous êtes où ? On vient vous voir ! Dis-je en ouvrant mon armoire.

- Non, les visites sont interdites... Demain matin si tu veux... Oh tu le verrais, il est beau... Il te ressemble en plus !

 

Je rigolais en m'asseyant sur le lit.

 

- Qui sait, c'est peut-être moi le géniteur après tout...

 

Kain éclata de rire et me donna toutes les informations possibles sur Aaron, son fils. Et lorsqu'il raccrocha, je fus envahis d'une nouvelle énergie. Vivement, je passais sous les couvertures pour retrouver mon amant endormi sur le dos. Amusé, je ne perdis pas de temps et pris son sexe entre mes lèvres. Mes vas et viens étaient rapides et leur seul but était de réveiller mon amant. Et celui-ci ne tarda pas à le faire. Un juron s'échappa de ses lèvres et il se redressa, posant ses mains sur mes épaules pour m'éloigner de lui alors qu'un frisson d'envie secouait déjà sa peau.

 

- Qu'est-ce qui t'arrive ! Souffla-t-il étonné.

- Mon neveu est né, il faut fêter ça, répondais-je dans un large sourire.

 

Ce fut à son tour d'écarquiller les yeux et un petit sourire heureux étira ses lèvres. Mes mains passèrent sur ses côtes et ma bouche tomba sur son torse, l'obligeant à se rallonger.

 

- Attends Jaeden, s'écria-t-il dans un éclat de rire, je vais sûrement mourir si on le refait...

- Je prends le risque !

 

**

 

Et à huit heures tapantes nous nous étions retrouvés à l'accueil de la maternité. L'infirmière, amusée de nous voir aussi ponctuels, nous donna le numéro de la chambre. Allongée dans son lit, la mine fatiguée, Savannah n'en était pas moins rayonnante. Dans ses bras, mon neveu enroulé dans une couverture bleu. Il faisait des petits bruits adorables, gigotant dans tous les sens. Près d'eux se trouvait Kain, avachi sur le fauteuil, dormant la bouche ouverte. Je croisais le regard de mon amant qui se retient aussitôt de rire.

 

- Tu n'es pas trop fatigué ? Demanda-t-il en la regardant.

- Si épuisée, mais j'en suis déjà gaga.

 

Je me rapprochais d'elle, alors qu'elle commençait à raconter les détails de l'accouchement à Ilian. Kain avait raison, il me ressemblait, mais il avait hérité de quelques traits de ses deux parents.

 

- Tu veux le prendre ? Me demanda alors Savannah en me le tendant.

 

Un sourire étira aussitôt mes lèvres et je ne me fis pas prier. Lorsque je pris ce petit être dans mes bras, une chaleur indescriptible se propagea en moi. Je m'étais mis à aimer ce petit homme à l'instant même où j'avais posé ma main sur le ventre de sa mère alors qu'il donnait des coups.

 

- Bienvenu dans une famille de dingue, Aaron... Soufflais-je avant de lui embrasser le front.

 

**

 

Kain était parti chercher des cafés et Savannah dormait paisiblement dans son lit. Aaron, toujours dans mes bras s'était lui aussi endormi après son biberon. Mon regard se posa sur mon amant debout en face de moi. Sans attendre, j'attrapais sa main et le fit basculer sur la chaise, mais un gémissement étira ses lèvres. Je fronçais les sourcils, surpris, ce à quoi il s'empressa de dire :

 

- Voilà pourquoi je ne voulais pas qu'on le refasse encore une fois...

 

Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire et mes lèvres se posèrent sur sa joue.

 

- Pourtant c'est toi qui a finit par me dire d'y aller plus fort... Soufflais-je taquin.

 

Ilian devint rouge tomate et me fusilla du regard. Mais je ne lui en laissais pas temps, prenant ses lèvres amoureusement. Et quand l'air vint à nous manquer, j'étais totalement pardonné. Sa tête bascula sur mon épaule et ses doigts caressèrent le front du bébé.

 

- On a jamais parlé de ça... Finit-il par dire, d'avoir des enfants...

- Si tu parles d'eux en disant "ça", je pense que je connais ton opinion, répliquais-je amusé.

 

Ilian rigola légèrement et releva la tête pour croiser mon regard.

 

- Je n'en ai pas forcément envie, mais... Si un jour tu en voulais, je te dirais oui.

 

Mon cœur tambourina vivement dans ma poitrine touché par ses mots. Mais alors que j'allais répondre que nous avions le temps, la porte de la chambre s'ouvrit à la volée, réveillant Savannah en sursaut. Je croisais alors le regard de mon père et mon sang ne fit qu'un tour. Près de lui se trouvait ma mère et son regard froid posé sur Ilian ne laissait rien présager de bon...

 

- Vous êtes déjà là, souffla Savannah, comme pour nous venir en aide, on ne vous attendait que cet après-midi.

- On ne pouvait pas attendre, souffla mon père dans un sourire stressé.

 

Il s'approcha alors de moi, et son regard s'adoucit en voyant Aaron dans mes bras.

 

- Alors voilà mon premier petit fils ! S'écria-t-il gaiement, je peux le prendre ?

 

J'acquiesçais et le lui tendis. Un léger rire s'échappa de ses lèvres alors qu'il le serrait contre lui. Mon regard se posa sur mon amant qui avait baissé la tête tandis que ma mère le regardait d'un regard noir. Sans attendre, je posais ma main sur la sienne, tentant de le soutenir du mieux que je le pouvais. Ce n'était pas comme ça que j'aurais aimé le présenté. Où si ça n'avait tenu qu'à moi, il ne les aurait jamais revu. Je savais très bien que ma mère n'allait pas être tendre avec lui.

 

- On se demandait pourquoi Kain nous avait dit de venir plus tard, on sait maintenant pourquoi ! Dit-elle dans une grimace, en se tournant vers Savannah.

 

Mon père nous envoya un regard désolé avant de se rapprocher d'elle et de lui tendre le bébé.

 

- Tu as vu comment il ressemble à Jaeden ? Fit-il dans un sourire.

 

Ma mère posa son regard sur son petit fils et à ma grande surprise, un petit sourire étira ses lèvres. Mon regard croisa celui de Savannah qui se trouvait tout aussi étonnée que moi.

 

- Et comment s'appelle-t-il ? Souffla-t-elle en le prenant dans ses bras.

- Aaron... Répondit la jeune femme, stressée comme jamais.

  •  

Ma mère passa sa main sur le visage rond de son petit-fils, ne le lâchant pas du regard.

 

- Aaron Sadler... C'est un très bon choix...

 

**

 

Kain avait fini par nous rejoindre et même si Ilian et moi étions sur le qui vive, tout se passait bien. Ma mère avait félicité mon frère, oubliant tous leurs anciennes disputes alors qu'elle tenait dans ses mains son premier petit-fils. Savannah avait même eu le droit à un compliment, ce qui avait surpris toute l'assemblée.

 

Mais plus le temps passait et plus je sentais Ilian se tendre. Il n'était pas bien, et je comprenais pourquoi. Mes parents avaient du être mis au courant de toute l'histoire, ils avaient du savoir la vérité, mais ils savaient aussi qu'après Ilian, j'avais plongé dans l'alcool et la drogue.

 

- On va vous laisser, soufflais-je en me levant et en attrapant ma veste.

 

En un regard, Ilian comprit et se leva sans broncher. Il alla embrasser Savannah, salua mon frère et se tourna vers mes parents.

 

- Bonne journée... Souffla-t-il, d'une petite voix.

 

J'attrapais alors sa main et nous prîmes la direction de la sortie. Mais vouloir ainsi échapper à ma mère n'était pas si facile...

 

- Depuis quand est-ce que ça dure ? Demanda-t-elle en tendant le bébé à Kain.

 

Je me crispais aussitôt, sentant Ilian faire de même. Un soupire s'échappa de mes lèvres et je croisais son regard.

 

- Ce n'est pas le moment de parler de ça, dis-je sérieux, c'est leur journée.

- Réponds-moi.

- Sept mois.

 

C'était Ilian qui avait répondu à ma place, la voix chevrotante. Il baissa aussitôt la tête alors que le regard de tout le monde se posait sur lui.

 

- Il y a sept mois tu étais encore...

 

Elle ne termina pas sa phrase, le regard plus noir que jamais. Il y a sept mois, Ilian était toujours à l'hôpital.

 

- Ne me dis pas que tu as mis ta carrière en danger juste pour lui ! S'écria-t-elle en colère.

 

Je fus incapable de répondre. Pour Ilian, j'avais contourné beaucoup de règles et j'avais eu de la chance de ne pas m'être fait prendre.

 

- Je l'aime... Soufflais-je alors, en haussant les épaules, je sais que c'est dur à comprendre pour toi, et que tu ne l'accepteras probablement jamais, mais je suis amoureux de lui.

- Il a détruit ta vie ! Cria-t-elle les poings serrés.

- Non... J'ai fait des erreurs, j'ai moi-même décidé de tomber dans l'alcool et dans la drogue, mais j'ai réussi à passer au dessus et je suis devenu ce que j'ai toujours voulu être.

 

Mon regard croisa alors celui de mon amant et un petit sourire étira mes lèvres.

 

- Et aujourd'hui, je suis avec la personne avec qui j'ai toujours voulu être...

- C'est n'importe quoi... Dit-elle, méchamment.

 

Un léger rire ironique s'échappa de mes lèvres et je passais ma main sur mon visage.

 

- De toute façon, quoi qu'on fasse, Kain et moi, ça n'a jamais été bien pour toi... Si tu ne voulais pas d'enfant, il ne fallait pas en faire.

- Jaeden ! Gronda mon père d'une voix forte.

 

Mais je ne l'écoutais pas et me retournais.

 

- Je l'aime aussi... Souffla alors mon amant, surprenant tout le monde. Je pense... Je pense que vous savez... Vous devez tout savoir... Et même si... Si vous connaissez la vérité... Vous devez m'en vouloir de l'avoir quitté, de lui avoir brisé le cœur et croyez-moi, je m'en veux tout autant que vous. Quand... Nous nous sommes revus, je touchais le fond et Jaeden a été la main qui m'a empêché de sombrer totalement. Ce qu'on a fait... C'était totalement idiot... et risqué pour lui... Mais c'est ce qui nous a permis, au final d'être heureux.

 

Il prit une profonde inspiration, avant de croiser véritablement le regard de ma mère.

 

- Je n'ai jamais compris pourquoi vous n'étiez pas fière de lui... Il... Il est parfait... Et Kain l'est tout autant... Et si vous continuez comme ça... Un jour vous les perdrez vraiment...

 

Et sans attendre, il attrapa ma main et sortit de la chambre. Chamboulé par tout ce qu'il venait de dire, je ne réagis pas vraiment, le suivant dans la maternité. Ce ne fut que lorsque nous arrivâmes devant la voiture que je réalisais ce qu'il venait de se passer. Sa main toujours dans la mienne, je tirais alors dessus, le faisant se retourner.

 

- Je suis désolé, dit-il d'une petite voix, je n'aurais jamais du...

 

Mais je ne lui laissais pas continuer. Mes lèvres se posèrent sur les siennes si vivement qu'il recula de quelques pas sous la surprise. Mais bientôt, ses bras passèrent autour de mon cou.

 

- Je ne regrette vraiment pas d'avoir pris informatique en option au lycée...

 

Ilian éclata de rire avant de reprendre à nouveau mes lèvres dans un tendre baiser. Du moment qu'il restait près de moi, je serais capable de tout affronter...

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Everything to prove - Chapitre 5 - Partie 2  (Everything to prove) posté le samedi 21 mars 2015 12:48

Suite de la partie 1

**

 

Et Ilian avait bien réussi son coup. Le matin, après un réveil des plus agréables qui acheva de me convaincre, j'avais pris la direction du lycée où enseignait Hugo. Je devais avoir une discussion avec lui.

 

J'arrivais devant sa classe encore vide et il sursauta quand je frappais à la porte.

 

- Je te dérange ? Demandais-je dans un sourire.

- Non, je relisais mes notes... Dit-il en se levant, je croyais que tu avais terminé tes séances avec Émilie ?

- Oui, mais c'est toi que je suis venu voir.

 

Immédiatement, des rougeurs colorèrent ses joues et je pris soudainement peur. Ilian avait-il raison ? Entre Hugo et moi, c'était totalement terminé, de mon côté en tout cas, mais du sien ?

 

- Je suis venu m'excuser pour le comportement d'Ilian... Fis-je en passant ma main dans mes cheveux et en m'installant contre une table. Il sait qui tu es et...

- C'est normal, s'écria alors mon ancien amant, j'aurais réagi de la même manière.

 

Je lui fis un petit sourire, cherchant maintenant comment aborder la chose.

 

- Ça fait longtemps que vous habitez ensemble ? Me demanda-t-il d'une petite voix

- Environ deux mois, répondais-je en réfléchissant.

- Et vous êtes ensemble depuis sept mois...

- Avant ça on a été ensemble pendant deux ans...

 

Ma dernière phrase sembla le blesser et je saisis alors ma chance. Si j'avais rendu notre relation compliquée, c'était à moi de clarifier la situation.

 

- Hugo... Fis-je gêné, Ilian pense que tu as encore des sentiments pour moi... C'est vrai ?

 

S'il avait rougit tout à l'heure, ce ne fut rien comparé à maintenant. Un soupire s'échappa de ses lèvres et il se leva pour s'asseoir sur son bureau.

 

- Je ne dirais pas que je retombe amoureux de toi Jaeden mais... On a été ensemble pendant un an et tu as été ma première vraie relation de couple... Les sentiments seront toujours là, quoi que je fasse.

 

Une grimace étira mes lèvres... Comment avais-je pu être aussi naïf ?

 

- Mais rassure-toi, s'écria-t-il aussitôt, je ne tenterais rien... Je suis avec Greg et je l'aime... J'ai compris mes erreurs et je ne ferais rien qui pourrait me l'enlever... Je veux qu'on soit amis, vraiment et rien de plus.

- Je...

- Tu es amoureux de lui, je l'ai bien compris... Et je sais aussi que même si je tentais quelque chose, tu me repousserais... Mais je n'en ai même pas envie, parce que je suis bien dans ma vie... Je...

- D'accord.

 

Un petit sourire étira mes lèvres, satisfait de sa réponse. Nous avions un passé ensemble et quoi qu'il se passe, il resterait toujours entre nous quelque chose. Mais les choses avaient changé. J'aimais Ilian. Je l'aimais plus que tout. Et ce n'est pas mon passé qui m'empêcherait de l'aimer.

 

- Ne t'en fais pas, j'ai compris, ajoutais-je en me levant. Nous ne sommes que des amis.

 

Il me fit alors un large sourire et se leva, pour m'offrir un café... Comme si rien ne s'était passé...

 

**

 

J'avais passé la journée à l'hôpital. Cameron était bien plus calme depuis que Melvin avait été transféré et sa confession l'avait radicalement changé. Il voulait aller mieux, ça ne faisait plus aucun doute. Nous avions diminué la dose de son traitement, si bien qu'il semblait plus vif et enjoué. Ses parents venaient régulièrement le voir. Ils avaient déménagés et avaient lancé une procédure pour sortir Cameron de l'hôpital afin de le placer en liberté surveillée chez eux.

 

J'étais en train d'écrire la lettre au juge, approuvant la demande des parents lorsque quelqu'un toqua à la porte. Et je sentis une certaine angoisse monter alors que je croisais le regard du directeur.

 

- Est-ce que je pourrais te parler ? Me demanda-t-il en refermant la porte derrière lui

 

Je hochais la tête et le vis s'asseoir en face de moi. Nous ne nous étions pas parlés depuis notre altercation et son absence commençait à me peser même si j'étais trop orgueilleux pour l'avouer.

 

- Je suis venu m'excuser, pour la dernière fois, souffla-t-il en passant sa main dans ses cheveux, je ne voulais pas avoir l'air de te dicter ta conduite... Mon rôle est de te conseiller et j'ai dépassé les bornes.

 

Je levais la tête avant de hausser les épaules.

 

- Tu n'avais pas totalement tort... Dis-je dans une grimace.

- Tu vis avec quelqu'un de traumatisé... Tu fais de ton mieux Jaeden, Ilian fait des progrès, de plus en plus et tu as raison quand tu dis qu'il va y arriver.

- Il rêvé encore de lui...

 

J'avais dis cela d'une petite voix et le hochement de tête qu'il fit m'avertit qu'Ilian lui en avait déjà parlé.

 

- Ce n'est qu'une question de temps... Le temps atténuera ses blessures.

- Je ne cherche pas à... À faire que son monde tourne autour de moi, tu sais, je... J'essaye juste d'être là pour lui...

- Je sais Jaeden... Mais Ilian fait en sorte que tout son monde tourne autour de toi... Tu es son seul repère. Il ne parle pas avec sa famille, il a très peu d'amis... Mais j'ai été injuste en disant que tu laissais les choses se produire... C'est Ilian seul qui fait ça... Mais je pense qu'il va finir par retrouver son indépendance.

 

Il fit une pause et un fin sourire étira ses lèvres.

 

- Rien que le fait qu'il ait réussi à sortir seul me le prouve.

 

Et brusquement, son regard se fit légèrement plus triste.

 

- J'ai encore eu des personnes qui m'ont appelé pour me dire que tu faisais un très bon travail avec les ados.

- Et c'est une mauvaise chose ? Demandais-je amusé

- Non, pas du tout, au contraire... Je suis fier de toi.

 

Il se redressa, se tenant bien droit devant moi.

 

- Je pense que tu as trouvé ta voie Jaeden, il serait... Il serait peut-être temps que tu démissionnes.

 

J'écarquillais les yeux, sous le choc de cette dernière phrase.

 

- Pardon ? M'écrivais-je surpris.

- Je n'ai plus rien à t'apprendre... Et disons le simplement, tu aimes travailler avec les ados plus que travailler dans cet hôpital.

- Paul, c'est n'importe quoi !

 

Alors, mon ami se leva et prit la direction de la porte, mais avant de s'en aller, il se retourna une dernière fois.

 

- Tu pourrais avoir ton propre bureau, ton propre centre, tu pourrais devenir toi même directeur... Et je sais qu'au plus profond de toi, tu en as envie. Tu es bon dans ce que tu fais Jaeden... Mais avec les ados, il semble que tu sois le meilleur pour les aider.

 

Un profond malaise me prit alors que je le voyais sortir de mon bureau. Comment pouvait-il me dire ça ? Il avait été mon mentor, il avait fait de moi quelqu'un de bien... Pendant mes années de médecine, je n'avais aspiré qu'à travailler avec lui... Comment pouvait-il envisager que je m'en aille ?

 

**

 

Je rentrais chez moi en début de soirée, dans un bâillement, je défis ma cravate et posais ma sacoche sur la commode.

 

- Je suis rentré ! M'écrivais-je en enlevant ma veste.

 

Ilian vint alors me retrouver et à la tête qu'il faisait, je sus qu'il n'était pas seul. Immédiatement, il vint poser ses lèvres sur les miennes pour un baiser de bienvenu plus pressant que d'habitude.

 

- Qui est là ? Demandais-je tout bas.

- Gina et Thomas... Elle est encore passée à l'improviste... Maugréa-t-il dans une grimace.

 

Je rigolais légèrement et passais ma main dans ses cheveux.

 

- Tu veux que je fasse semblant d'être malade ? Fis-je amusé

 

Il me donna un coup sur l'épaule et un fin sourire étira ses lèvres. Il n'avait pas encore pardonné à sa famille. Ses parents avaient compris son besoin d'éloignement, lui téléphonant de temps en temps pour reprendre peu à peu contact, mais Gina elle, avait la fâcheuse manie de pousser Ilian à la reprendre dans sa vie...

 

- Alors monsieur le psychiatre réputé, comment vas-tu ? Demanda la sœur d'Ilian, dans un sourire en me voyant arriver.

- Tu n'es pas obligée de m'appeler comme ça tout le temps... Docteur suffit, soufflais-je taquin en embrassant sa joue.

 

Tout le monde rigola et je serrais la main de Thomas, heureux de le revoir après toutes ces années.

 

- Nous étions en repérage de traiteur pour le mariage, nous expliqua Thomas, on s'est dit qu'on pourrait passer, Ilian nous disait que tu allais sûrement rentrer tard, mais finalement ça tombe bien, vous allez pouvoir venir manger avec nous !

 

Je vis aussitôt le regard paniqué de mon amant. S'il sortait de plus en plus seul, aller dans un lieu public avec des personnes avec qui il allait devoir discuter était tout autre chose.

 

- Et si on se commandait des pizzas ? Dis-je pour venir à sa rescousse, je vous avoue que je suis vraiment fatigué...

 

Ils finirent par acquiescer et nous commandâmes à manger. Gina faisait tout pour reprendre contact avec son frère, et au fur et à mesure, elle y arrivait. Et quand Ilian éclata de rire sous l'évocation d'un souvenir, je sentis mon cœur faire un bond dans ma poitrine.

 

- Ilian nous racontait que ça marchait bien en ce moment pour toi, tu travailles avec les adolescents ? Fit Thomas en se réservant une part de pizza.

 

Mon malaise d'il y a quelques heures refit alors surface et je tentais de le masquer comme je pus.

 

- Oui, à la base je m'occupais d'adolescents persécutés sur le net mais en ce moment j'ai de plus en plus de demandes pour d'autres suivis... Et toi, niveau boulot, ça va ?

 

Mon soudain changement de sujet ne passa pas vraiment inaperçu, mais personne ne fit la moindre remarque. Ils restèrent encore un moment avant de finir par partir. Et une fois la porte close, Ilian se jeta sur moi pour un baiser cette fois bien plus langoureux...

 

**

 

- C'était bien au final non ? Demandais-je en glissant mes lèvres sur la peau douce de mon amant.

 

Ilian, allongé sur le ventre, les mains croisées sous l'oreiller, rigola alors qu'un frisson secoua sa peau.

 

- Tu me chatouilles... Souffla-t-il en fermant les yeux, je n'ai pas encore assez donné de ma personne ?

- Je ne sais pas, si tu arrêtais d'être aussi canon...

 

Il rit de nouveau et se retourna sur le dos, glissant ses mains dans mes cheveux. Nos lèvres se retrouvèrent pour un doux baiser comme je les aimais, avant de dériver dans son cou, puis sur son torse.

 

- Tu n'as pas répondu à ma question... Soulignais-je entre deux baisers papillons.

- Oui, c'était bien mais... Je n'aime pas quand elle vient comme ça... Sans prévenir... Ça me prend de court à chaque fois.

 

Une grimace adorable étira ses lèvres et je remontais pour embrasser le coin de ses lèvres.

 

- C'est parce qu'elle sait que tu diras non si elle te le demande avant...

 

Un soupire s'échappa de ses lèvres et il tourna la tête pour croiser mon regard.

 

- Ce n'est pas que je ne veux pas la voir mais... Je... J'ai du mal à savoir comment je dois me comporter avec elle... Je veux dire... On n'a toujours été en train de se disputer et maintenant... Je sais pas, ça me fait bizarre...

- Vous êtes devenus des adultes maintenant... Et avec tout ce qu'il s'est passé, tu ne crois pas que c'est mieux si vous ne vous disputez pas ?

 

Il haussa les épaules, sachant que j'avais raison mais sans oser me l'avouer directement. Un petit rire s'échappa de mes lèvres et je redescendais mes lèvres sur son ventre.

 

Mais je savais que ce n'était pas le seul souci. Gina et Thomas nous avait invité à leur mariage. Même s'il n'était prévu que dans un an, la perspective de voir toute sa famille ne l'enchantait pas vraiment...

 

- Dans un an, c'est loin Ilian...

 

Il posa son regard surpris sur moi, et un petit sourire étira ses lèvres en passant sa main dans mes cheveux.

 

- Comment est-ce que tu fais pour lire en moi comme ça ? Finit-il par lâcher, d'une petite voix.

 

Pour toute réponse, je remontais une nouvelle fois pour l'embrasser amoureusement. Ses mains glissèrent dans mon dos, me caressant du bout des doigts. Ce moment, j'en avais rêvé depuis la première fois où j'avais croisé son regard, sans oser me l'avouer. Ma main remonta dans ses cheveux, jouant avec ses mèches ébènes qui n'arrêtaient pas de pousser.

 

- Tu crois que Savannah pourra me les couper ? Me demanda-t-il en tendant un peu me cou pour que je reprenne mes baisers, je l'ai vu le faire sur Kain.

- Ou tu pourrais les laisser pousser, dis-je en croisant son regard, ça te va bien je trouve...

 

Des rougeurs parsemèrent ses joues et je repris ses lèvres tendrement. Plusieurs minutes passèrent ainsi, lovés l'un contre l'autre, mais alors que je pensais descendre un peu plus bas, Ilian m'arrêta sans le vouloir :

 

- Pourquoi est-ce que tu as passé ta soirée à éviter de parler de ton boulot ?

 

Je me crispais aussitôt et mon amant le sentit immédiatement. Ce fut à mon tour de soupirer et je me redressais pour m'allonger sur le dos, le regard rivé sur le plafond. Vivement, Ilian brisa cette distance et posa ses mains sur mon torse pour y caler son menton.

 

- Paul aimerait que je démissionne... Soufflais-je, sachant qu'il ne lâcherait pas l'affaire.

- Quoi ? S'écria Ilian en se redressant d'un bond pour finir assis sur le lit.

 

Je posais un bras sur mon front, et lui racontais notre entrevue de cet après-midi. Et lorsque j'eus fini, la surprise avait laissé place à une intense réflexion sur le visage de mon amant. Sa main se reposa sur mon torse et remonta sur ma joue, me forçant à croiser son regard.

 

- Tu sais... Je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée... Finit-il par dire, sérieux.

- Ilian... Dis-je dans une grimace.

- Je sais que tu as voulu travailler avec Paul depuis ton entrée en médecine mais... Si tu compares le nombre de patients que tu as aidé avec le nombre d'ado...

- Ce n'est pas le même suivi...

 

Il haussa les épaules et se rallongea sur le côté près de moi.

 

- Tu penses vraiment que Paul te pousserait là dedans s'il ne t'en sentait pas capable ? Souffla-t-il après un temps, Tu es un merveilleux psychiatre mais avec les ados... Il n'y a pas de mot, tu les comprends, tu arrives à les toucher, à les aider... Et je suis sûr que tu t'épanouirais plus en te lançant dans cette branche...

- Je ne sais pas... Soupirais-je en passant ma main sur mon visage.

 

Brusquement, Ilian se releva et s'assit à califourchon sur moi, un sourire malicieux étirant ses lèvres.

 

- Reprenez un peu confiance en vous Docteur Sadler et sortez des sentiers battus... Fit-il en glissant ses mains sur mon torse sensuellement.

 

Je ne pu m'empêcher d'éclater de rire et mes doigts glissèrent sur son corps nu.

 

- J'ai l'impression que tu ferais un très bon psychiatre toi aussi... Répliquais-je en me redressant pour l'embrasser.

 

Mais contre toute attente, il me força à me rallonger. Son regard flambant me contamina aussitôt tandis qu'il plaçait ses coudes de chaque côté de ma tête.

 

- J'ai été formé par le meilleur...

 

Et brusquement, il s'empara de mes lèvres pour un baiser terriblement excitant...

 

**

Suite dans la partie 3

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Everything to prove - Chapitre 5 - Partie 1  (Everything to prove) posté le samedi 21 mars 2015 12:46

Après avoir réconforter Ilian, nous avions fini par retrouver les autres dans l'appartement. Plusieurs fois j'avais vu le regard de certain de mes amis sur le poignet de mon amant, mais en voyant ma montre, ils avaient aussitôt détourné les yeux.

 

Le temps passa et je sentais bien qu'Ilian avait du mal à retrouver toute son assurance, comme au début de la soirée. J'essayais de le laisser se gérer seul, comme Paul me l'avait conseillé. Et lorsque je le vis partir en direction du balcon, je du ronger mon frein pour ne pas le rejoindre. Savannah du sentir ma détresse car elle se rapprocha de moi, et dans un petit sourire informa mon ami que sa copine le cherchait.

 

- ça se passe bien non ? Me demanda-t-elle dans un petit sourire

- Quelqu'un a vu la cicatrice sur son poignet... Soufflais-je dans une grimace.

- Je m'en doutais, j'ai vu ta montre... Ne t'en fais pas, c'est sa première sortie avec des gens depuis cinq ans, il faut qu'il se réhabitue...

- Oui mais...

- Mais ça t'énerve de voir tes amis le mettre mal à l'aise, je comprends, mais mets-toi à leur place, tu leur as présenté Hugo dont tu étais vraiment très amoureux, et là tu leur présentse quelqu’un d'autre dont tu es encore plus amoureux... Eux aussi il faut qu'ils s'y habituent...

 

Un soupire s'échappa de mes lèvres et je passais ma main dans mes cheveux, gêné de la voir avoir autant raison. Vivement, elle attrapa ma main et la posa sur son ventre.

 

- Regarde, même ton neveu est d'accord avec moi !

 

**

 

J'avais résisté pendant un moment mais ne le voyant toujours pas revenir, j'avais cédé. J'ouvris la baie vitrée, pensant le trouver seul, mais lorsque mon regard croisa celui de Julie, une de mes anciennes camarades de fac, je me figeais. Lui avait-elle dit quelque chose ? Mon regard se posa sur Ilian et mes sourcils se froncèrent aussitôt en voyant une cigarette déjà bien entamée entre ses doigts. Non... Il n'avait pas recommencé tout de même...

 

Comprenant qu'il ait pu flancher ce soir, je ne dis rien et vint le prendre dans mes bras. Je sentis tous ses muscles se détendre alors que mon torse se collait contre son dos. Julie me fit un petit sourire gênée avant de passer près de moi et de nous laisser seuls.

 

- Tu sais, tu n'étais pas obligé de fumer une cigarette... Tu pouvais simplement me dire que tu avais envie de moi et que tu voulais rentrer... Dis-je, jouant la carte des vieux souvenirs.

 

Mais il se figea aussitôt, mal à l'aise.

 

- Je n'ai pas envie de rentrer... Fit-il d'une petite voix

- Menteur...

 

Je m'écartais de lui et me calais contre la balustrade. Il tira une dernière fois sur sa cigarette et l'écrasa.

 

- On rentre ? Répétais-je, voyant bien qu'il n'était pas décidé à se montrer une nouvelle fois vulnérable ce soir.

- Mais la soirée n'est pas encore terminée, souffla-t-il, et tes amis, tu...

- Ne t'inquiète pas pour ça Ilian, je suis fatigué de toute façon et j'ai envie de rentrer.

 

Mon amant osa enfin croiser son regard, cherchant par ce moyen à voir si je mentais. Mais même s'il trouva ce qu'il cherchait, il finit par me céder. Doucement, il se rapprocha de moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes délicatement...

 

**

Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis cette fameuse soirée et même si elle ne lui avait pas fait autant de bien que j'aurais espéré, d'une certaine manière, elle l'avait aidé. La première fois qu'il avait accepté de m'accompagner faire des courses, j'avais cru halluciner. Mais il avait pris sa veste avant de me regarder, étonné de ne pas me voir le suivre immédiatement. Le soir, lorsque nous terminions de manger, il me demandait souvent de l'accompagner dans le parc ou dans le quartier, pour profiter du printemps. Même si à chaque foi,s il se servait de l'excuse de mon travail, prétextant que j'avais besoin de décompresser, je savais que cette envie d'aller voir un peu le monde extérieur allait bien au dessus de ça. Mais je me gardais bien de lui en faire la remarque. Je n'étais pas le psychiatre d'Ilian, mon rôle était de le soutenir et non d'analyser le moindre de ses faits et gestes...

 

Ma surcharge côté professionnel ne s'était pas allégée. Je jonglais entre mes patients à l'hôpital et ceux en dehors, dont Émilie qui allait de mieux en mieux. Elle avait retrouvé un rythme scolaire quasiment normal et je savais que le jour où nous allions arrêter nos séances n'allait pas tarder.

 

J'étais en chemin pour retrouver mon bureau afin de me préparer à un entretien avec Cameron lorsque je fus alerté par des cris aigus, provenant de la salle télé. Étonné je m'y rendis pour voir Melvin par terre, regardant devant lui, terrifié. Mon regard dériva alors dans la même direction que lui pour y voir deux des vigiles de l'hôpital qui s'approchait de lui. Non loin d'eux, se trouvait Paul, une grimace étirant ses lèvres.

 

- Allons Melvin, tu n'arranges pas ton cas, lève toi et suis nous, insista-t-il de son regard professionnel.

- Je n'ai rien fais ! Hurla alors le châtain, rien, tout le monde est contre moi ! Même vous !

 

Un soupire s'échappa des lèvres du directeur et lorsqu'il vit Melvin jeter une télécommande sur un des vigiles, il fit un signe de tête à l'une des infirmières. sans attendre, celle-ci sortit une seringue de sa poche et la planta dans le bras du châtain. Un cri de rage s'échappa de ses lèvres avant qu'il ne s'évanouisse sous l'effet des produits.

 

Les vigiles attrapèrent Melvin et le firent sortir de la salle, pour l'emmener très certainement vers le bâtiments des patients dangereux. Mon regard croisa alors celui de Paul et il s'approcha de moi.

 

- On va prendre un café ?

 

J'acquiesçais et nous partîmes pour la cafétéria. Nous prîmes un café avant de parler de la scène à laquelle j'avais assisté.

 

- tu as fait le bon choix, il a besoin d'un suivi beaucoup plus soutenu.

- Je sais, fit Paul, mais il sait faire naître en toi le doute...

 

Un soupire s'échappa de ses lèvres et il touillât son café.

 

- Ilian a l'air d'aller mieux, dit-il tout à coup

 

Un sourire étira aussitôt mes lèvres.

 

- On va y arriver Paul !

 

Mais une grimace étira alors ses lèvres et je sus que quelque chose n'allait pas.

 

- Jaeden... C'est Ilian seul qui doit y arriver... Tout seul...

 

Je me tendis aussitôt, ne pouvant m'empêcher de me mettre sur la défensive. A chaque fois que nous parlions de mon amant, nous en arrivions toujours à la même chose, et je n'en pouvais plus.

 

- Et tu veux que je fasse quoi ? M'écriais-je la voix dure, que je le quitte pour qu'il avance tout seul ?

- Tu sais bien que ce n'est pas ce que je voulais dire... Fit-il dans un soupire.

- On est en couple Paul, je suis son point de repère, je...

 

Je fis une pause alors que des collègues entraient dans la salle.

 

- Je fais des efforts pour ne pas m'impliquer, pour être juste son petit ami et pas son psy. Je travaille à l'extérieur, je suis tous tes conseils Paul, mais tu n'es jamais satisfait.

 

Lassé par cette discussion, je me levais avant de le laisser là totalement surpris par mon comportement. Mon regard se posa sur l'heure et je remontais dans mon bureau pour trouver Cameron devant...

 

**

 

Je n'avais pas perdu de temps pour rentrer chez moi, ne souhaitant pas une nouvelle discussion avec Paul. J'aimais Ilian, je l'aimais plus que tout. Pendant cinq ans, je n'avais pas été là pour lui, étais-ce mal de vouloir me rattraper maintenant ?

 

Je rentrais dans notre appartement qui était étrangement silencieux.

 

- Ilian, je suis rentré ! M'écriais-je en posant ma sacoche sur la commode à l'entrée et en défaisant ma cravate.

 

Mais je n'obtiens pas de réponse. Je fis alors le tour de l'appartement, commençant à me sentir stressé. J'ouvrais la porte de la chambre pour voir éparpillé par terre toutes les photos que j'avais gardé de nous. Un petit sourire étira mes lèvres en les ramassant et en les remettant dans la boîte, mais mon regard se posa sur la dernière qui semblait avoir été jetée sur le sol et je me figeais. Sur cette image, nous étions à une soirée, j'étais occupé à discuter avec des amis tandis que mon amant fumait et je savais très bien pourquoi. Derrière nous se trouvait Ewen, et le regard qu'il posait sur lui me fit froid dans le dos...

 

Je pris alors peur. Peur qu'il se soit enfui. Peur qu'il se soit encore perdu et de l'état dans lequel je le trouverais. Pourquoi n'avais-je pas jeté cette photo ? Pourquoi n'avais-je pas fait le tri ? Je n'étais qu'un idiot !

Vivement j'attrapais mon téléphone et tentais de le joindre, mais lorsque j'entendis la sonnerie de son téléphone dans le salon, mon angoisse grandit de plus belle. Où pouvait-il bien être allé ? Ce fut le nom de Savannah qui me vient immédiatement à l'esprit et je ne perdais pas de temps.

 

Elle ne tarda pas à répondre, surprise de mon appel.

 

- Ilian est chez toi ? Demandais-je, avant même qu'elle ne parle.

- Euh non, non, il n'est pas ici... Pourquoi ?

- Parce que je ne le trouve nulle part, je...

 

C'est à cet instant précis que j'entendis quelqu'un frapper à la porte d'entrée.

 

- Attends deux secondes, soufflais-je à Savannah, en me dirigeant vivement vers la porte.

 

J'ouvris la porte, le cœur battant et je crus qu'il allait exploser lorsque je croisais le regard de mon amant.

 

- Je te laisse Savannah, il est avec moi... Dis-je en raccrochant, sans attendre de réponse.

 

Il semblait aller bien. Même mieux que bien. C'est alors que je me rendis vraiment compte de ce qu'il avait fait :

 

- Tu es sorti ? Demandais-je plus qu'étonné

 

Un petit sourire fier étira ses lèvres et il hocha la tête.

 

- Quand j'ai vu la photo de... Et ton téléphone ici... J'ai... Et tu n'étais pas là et je...

 

Tout s'embrouillait dans ma tête. Ilian était allé dehors et ce, sans moi. Il avait vaincu sa plus grosse frayeur, seul. Paul avait tort, je n'étais pas un poids pour Ilian. J'en avais eu la preuve aujourd'hui. Mon amant ne chercha pas à me répondre et sans attendre il rentra, fermant la porte derrière lui. Alors, il se jeta dans mes bras et ses lèvres recouvrirent les miennes pour un baiser des plus magiques...

 

**

 

Nous avions fêté sa sortie comme il se devait, encore et encore. Il était heureux et je ne pouvais que l'être à mon tour. Ce qu'il avait fait... C'était un grand pas en avant. Et je savais qu'il pourrait faire beaucoup plus. Dans quelques temps, il serait capable d'avoir une vie normale. Une vie bien à lui...

 

Je fus réveillé cette nuit là par Ilian qui bougeait dans son sommeil. Plongés dans le noir, je ne voyais pas son visage, mais les gémissements plaintifs qu'il laissait échapper me firent mal au cœur. Il était en train de faire un cauchemar.

 

Je posais alors ma main sur sa joue murmurant son prénom pour le faire revenir dans la réalité. Mais sa réaction ne fut pas celle que j'attendais. Brusquement, il me repoussa avant de tomber du lit sous son geste.

 

Vivement j'allumais la lumière pour voir son regard brillant de larmes.

 

- Ilian, est-ce que ça va ? Soufflais-je légèrement paniqué, ce n'étais qu'un rêve...

- Ce n'était pas qu'un simple rêve, répondit-il, énervé.

 

Il ne voulait pas de mon réconfort, du moins, pas maintenant. Il se leva brusquement et sans attendre, quitta la chambre. Un soupire s'échappa de mes lèvres et je dus ronger mon frein pour ne pas aller à sa suite. Je devais le laisser apprendre à gérer ses émotions... Seul. Dépité, je me rallongeais dans le lit, le regard rivé sur le plafond, attendant patiemment qu'il revienne me rejoindre. Je détestais être aussi impuissant. Je détestais comprendre que Paul avait raison.

 

J'avais fini par éteindre la lumière, cherchant à retrouver mon sommeil sans vraiment y parvenir et ce fut au bout de très longues minutes qu'Ilian revint dans la chambre. sans attendre, il vint près de moi et je ne sus pas vraiment comment me comporter...

 

- Ça va ? Demandais-je après un temps.

 

Il me répondit un petit oui avant de plonger sa tête dans mon cou et sans attendre plus longtemps, je le serrais fort contre moi. J'étais incapable de garder cette distance entre nous. Comme j'étais incapable de vraiment le laisser évoluer seul. Paul n'était pas là avec nous. Il ne voyait pas notre quotidien. Ilian avait encore besoin de moi et tant qu'il le voudrait, je resterais près de lui.

 

Ma main passa dans son dos, cherchant à l'apaiser du mieux que je pouvais. Il avait rêvé d'Ewen. La photo, sa sortie seul... Beaucoup de choses s'étaient passées aujourd'hui, ravivant des souvenirs qui se révélaient dans son subconscient.

 

- Ça prendra du temps Ilian... Mais je te promets qu'un jour tu ne feras plus ces cauchemars...

- Tant que c'est toi qui est près de moi quand je me réveille, je m'en fiche de ces cauchemars...

 

Un sourire étira mes lèvres et je resserrais ma prise autour de lui, touché par ses mots. Plusieurs minutes s'écoulèrent sans que nous ne parlâmes. Si Ilian s'était calmé, il ne semblait pas vouloir dormir d'aussitôt.

 

- Je voulais attraper mes cahiers dans le placard tout à l'heure... Dit-il après un temps, et j'ai fait tomber la boîte... Je n'ai pas fait exprès... Je veux dire que je n'étais pas en train de fouiller. Je voulais tout ranger, et... J'ai vu que c'était des photos de nous. Je... Je ne savais pas que tu en avais autant...

 

Je ne pus m'empêcher de rire, me rappelant de toutes ces photos de nous que j'étais incapable de jeter...

 

- Je ne suis jamais arrivé à m'en séparer...

- Quand j'ai vu la photo avec Ewen et... Et son...

 

Il fut incapable de continuer et je m'en voulus encore plus d'avoir garder cette photo.

 

- Ce regard qu'il avait sur moi... Souffla-t-il après un temps, c'était la première fois que je le voyais en photo depuis... Depuis...

 

Depuis qu'il l'avait tué. Il n'avait pas besoin de le dire à voix haute pour que je le comprenne. Ce geste avait brisé une partie de lui. Peut-être même plus que les viols et la séquestration.

 

- Enfin… Si je suis sorti, c’était parce que je paniquais… Parce que je ne supportais pas l’idée d’être encore prisonnier de ce qu’il m’avait fait. Même s’il est mort, j’ai eu l’impression qu’il était toujours là et je… Je ne veux pas qu’il gagne Jaeden, et je… Je te promets de faire tout ce que je peux pour m’en sortir, pour l’oublier.

 

Je m'écartais de lui et passa mon pouce sur sa joue, essuyant les gouttes d'eau salées qu'il avait versé. J'enviais sa force et son courage. Et j'en tombais encore plus amoureux...

 

- Prends ton temps Ilian... Rien ne presse... Ce que tu as réussi à faire aujourd'hui, c'est énorme. Quand je t'ai vu revenir, je... Je n'arrivais pas à le croire. Tu... Tu es plus fort que tu ne le crois Ilian. Et je suis certain que tout va aller plus vite que tu ne le penses. Mais ne te forces pas, suis ton propre rythme.

 

Je fis une légère pause avant d'ajouter :

 

- Ewen ne gagnera jamais Ilian...

 

Alors, Ilian releva la tête vers moi et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Mon cœur loupa un battement alors qu'il se relevait légèrement pour passer au dessus de moi, m'offrant un baiser des plus sensuels.

 

Il allait y arriver... Je le savais...

 

**

 

- Je voudrais vous remercier... Pour tout ce que vous avez fait pour moi...

 

Émilie passa sa main dans ses cheveux et son regard plein de reconnaissance s'ancra dans le mien. C'était cet instant que j'appréciais dans mon métier. Ce moment où la personne que j'aidais n'avais plus besoin de moi. Où elle ressortait sûre d'elle, et heureuse.

 

- C'est toi qui a fait le plus dur tu sais, je n'ai été là que pour t'accompagner, répondais-je dans un sourire.

- Oui mais sans vous je....

 

Sa voix mourut dans sa gorge et elle ferma les yeux. Elle ne dit rien pendant quelques secondes puis les ouvrit avant d'ajouter.

 

- Je suis contente de me dire que les séances sont terminées et en même temps, je suis triste à l'idée de ne plus vous voir, fit-elle dans un sourire triste.

- Tu sais où je travaille, et tu as mon numéro, tu sais que tu peux toujours compter sur moi. Tu as repris les rênes de ta vie Émilie... Et quoi qu'il se passe maintenant, n'oublie pas que tu es la seule qui peut avoir un mot à donner à ton existence...

 

Elle hocha la tête et me prenant de court, elle me sauta dans les bras. Touché, je l'étreignis à mon tour...

 

**

 

Après avoir quitté Émilie, j'étais retourné à l'hôpital pour retrouver Ilian qui avait terminé son rendez-vous avec Paul. Le directeur et moi n'avions pas reparlé de notre dernière altercation et il était hors de question que j'en parle à Ilian. Je le connaissais parfaitement, il se sentirait tout de suite fautif.

 

Nous étions rentré chez nous et j'avais décidé de rester travailler ici. Mes réunions avec les adolescents allaient bientôt reprendre et je voulais me préparer au maximum.

 

- Qu'est-ce que tu fais là ?

 

Je relevais aussitôt la tête surpris par le ton employé par mon amant. C'est alors que je le vis devant la porte d'entrée ouverte, le regard plus noir que jamais.

 

- Je... Euh... Je suis venu voir Jaeden...

 

Je reconnu immédiatement la voix de Hugo et je me levais, gêné par cette confrontation.

 

- Il n'est pas là ! Rétorqua Ilian, jaloux

 

Un léger rire s'échappa de mes lèvres et mon amant me fusilla aussitôt du regard. Amusé, je me rapprochais de lui pour croiser le regard étonné de Hugo.

 

- Entre, je t'en prie, fis-je, tentant de ne pas rire de nouveau en voyant Ilian croiser les bras , boudeur.

- Non, enfin, je peux repasser, répondit-il gêné, quand tu seras seul, je ne veux pas vous déranger.

- Je vis ici, alors tu ne le verras jamais seul.

 

Ce fut à mon tour de lancer un regard noir à Ilian. S'il était timide avec les autres, ce n'était pas le cas avec Hugo. Mon regard se posa sur mon ancien amant et un voile de tristesse se posa sur son regard émeraude.

 

- Je... Je voulais juste te dire que j'ai été content de te revoir... Souffla-t-il en détournant vivement son regard du mien, je... J'ai été content de voir qu'on pouvait se reparler normalement, malgré notre passé...

- Entre Hugo, dis-je, touché par ses paroles

- Non, je... Merci, mais je vais partir... Mon... Copain m'attend en bas.

 

Et sans attendre, il se retourna et prit l'escalier pour descendre. Surpris pas sa réaction, je refermais la porte avant de me tourner vers Ilian.

 

- Tu peux m'expliquer ce qu'il t'arrive ? Demandais-je, la voix dure.

- Et toi, tu peux m'expliquer pourquoi il vient ici ? Rétorqua Ilian, sur le même ton.

- Il est juste venu discuter...

- Tu parles, si je n'avais pas été là, il t'aurait sauté dessus.

 

Un soupire s'échappa de mes lèvres. L'amusement avait laissé place à une profonde colère. Il n'avait pas le droit de traiter Hugo ainsi.

 

- Avec qui est ce que je sors ? Fis-je énervé

- Avec moi, mais...

- De qui est ce que je suis amoureux ?

- je... De moi...

 

Ses yeux devinrent étincelants alors qu'il comprenait où je voulais en venir.

 

- Je vis avec toi, je suis amoureux de toi, toute ma vie tourne autour de toi, comment est ce que tu peux croire que je veuille casser tout ça pour Hugo ?

- Non, je ne dis pas que...

- Hugo et moi c'est terminé, on a tourné la page, et maintenant, on essaye d'être amis... De part mon métier, on va sûrement être amené à se revoir... Tu comptes me faire une scène à chaque fois ?

- Je... Souffla-t-il, surpris de me voir aussi en colère.

- Je pense que je t'ai assez montré que tu pouvais me faire confiance...

 

Un soupire s'échappa de mes lèvres et je me retournais, n'ayant plus envie de parler de ça.

 

- Jaeden... Fit-il d'une petite voix

- Je vais prendre une douche.

 

Je pris la direction de la chambre pour y prendre un pyjama et rentrais dans la salle de bain. Je sentais ma volonté fléchir au fur et à mesure, mais je devais tenir bon. Je n'étais plus le Jaeden du passé. Je ne cachais plus mes sentiments. Il n'avait plus à douter. Un soupire s'échappa de mes lèvres. J'allumais le poste de radio et me déshabillais avant de rentrer sous l'eau chaude.

 

Là, bercé par la musique et l'eau chaude, j'eus l'impression d'être totalement déconnecté et ça me fit un bien fou. Mais brusquement, le rideau de douche s'ouvrit, dévoilant mon amant entièrement nu.

 

- Qu'est ce que tu fais ? M'écrivais-je, tentant de me remettre en colère contre lui.

- Je suis désolé Jaeden...

 

Il avait utilisé une voix faible et triste, comme il savait très bien le faire lorsqu'il voulait se faire pardonner. J'aurais voulu rester de marbre, et il du le comprendre car vivement, il passa ses bras autour de mon cou et rentra avec moi dans la douche.

 

- Je sais que tu m'aimes... Souffla-t-il en plongeant sa tête dans mon cou, et, j'ai confiance en toi... C'est en lui que je n'ai pas confiance...

- Il a un petit ami... Soufflais-je déterminé à ne pas céder facilement.

- Tu en a avais un aussi et ça ne t'a pas empêcher de m'embrasser il y a sept mois...

 

Une grimace étira mes lèvres alors qu'il marquait un point.

 

- Tu l'as quitté parce qu'il t'avait trompé... Il a essayé de te reconquérir mais... Je suis arrivé et il n'a pas réussi...

- Vantard... Soufflais-je amusé par sa façon de voir les choses.

 

Un rire s'échappa de ses lèvres et il posa son front contre le mien.

 

- Il s’est rendu compte de sa bêtise et plus il passe du temps avec toi, plus ce qu'il ressent pour toi réapparaît... Petit ami ou non...

- Tu as l'air bien sûr de toi, fis-je en posant mes mains sur ses hanches, ne pouvant plus tenir cette distance.

- Parce que c'est ce que j'ai ressenti quand on a recommencé à se voir... Et si tu étais resté avec lui... Je ne suis pas certain que je serais resté à ma place...

 

Il passa sa main dans mes cheveux trempés.

 

- J'aurais tout fait pour que tu retombes amoureux de moi...

 

Mon cœur loupa un battement, enivré par cette déclaration. Et lorsqu'il se colla contre moi et qu'un sourire amusé étira ses lèvres en sentant mon érection plus que prononcée, je ne fus plus capable de réfléchir.

 

- Et maintenant, je dois me faire pardonner... Murmura-t-il sensuellement.

 

La seconde d'après, il m'arrachait un baiser des plus fougueux. D'où lui venait cette assurance ? Je n'en avais pas la moindre idée, mais à cet instant, je m'en moquais.

 

Sa main glissa entre nos deux corps et lorsqu'il entama un long vas et viens sur mon membre, un long gémissement s'échappa de mes lèvres. Vivement, je le plaquais contre la paroi de la douche, laissant glisser mes mains sur ses fesses. Diaboliquement, il lâcha mon sexe pour m'enlacer tout contre lui. Je lâchais un grognement de frustration et Ilian ne pu s'empêcher de rire à nouveau avant de poser ses mains sur mon torse et de me pousser à son tour sur le mur. Il tomba alors à genoux devant moi et ma respiration s'accélérant un peu plus alors qu'il posait ses lèvres sur mes cuisses.

 

- Tu me rends dingue Ilian... Gémis-je dans un souffle.

 

M'entendre prononcer son prénom le fit frissonner et il glissa sa langue sur mon membre. Un nouveau gémissement sortit de mes lèvres et je ne pus m'empêcher de passer ma main dans ses cheveux. Il ne tarda pas à me prendre entièrement en bouche et je dus me tenir à la tringle de rideau tellement ses vas et viens étaient profonds.

 

- C'est pas vrai... Soufflais-je entre deux gémissements, fais-moi penser à te rendre jaloux plus souvent...

 

Et comme pour me punir de cette dernière remarque, il mordit légèrement mon gland. Ce fut le coup de grâce et vivement, j'éjaculais dans sa bouche.

 

Détendu comme jamais, je mis du temps avant de revenir à moi, temps qu'Ilian utilisa pour se redresser et déposer des baisers terriblement séduisants sur ma peau. Et lorsque l'impatience finit par le gagner, il attrapa ma main et me tira vers lui. Nos lèvres se retrouvèrent dans un baiser langoureux tandis qu'il posait ma main sur ses fesses. Je compris immédiatement le message et commençais à le préparer.

 

Les lèvres et les dents d'Ilian agressaient mon cou et je devais ronger mon frein pour ne pas le faire mien dans la seconde. J'étais en feu et je ne devais cela qu'à mon amant qui pouvait faire ce qu'il voulait de moi. Ses gémissements étouffés me firent plus d'effet qu'à l'ordinaire et bientôt je fus totalement à bout.

 

- Maintenant... Grognais-je en arrêtant ma préparation.

 

Ce fut au tour de mon amant de lâcher un gémissement de frustration et je descendis mes mains derrière ses cuisses. Et brusquement, je le soulevais. Ilian lâcha un cri de surprise et s'accrocha à moi. Je le plaquais une nouvelle fois contre le mur et le plus doucement possible, je le pénétrais.

 

Sous la douleur, Ilian plongea sa tête dans mon cou et je fis de même alors qu'une vague de plaisir déferlait en moi. J'attendis patiemment qu'il s'habitue à moi et lorsque je sentis sa langue glisser dans le creux de mon cou, je fus incapable d'attendre plus longtemps.

 

Une main autour de sa taille, l'autre contre le mur, j'entamais un premier déhanché. Ses jambes se serrèrent contre mes hanches et il releva la tête pour poser ses lèvres contre les miennes.

 

- Si tu savais comme je t'aime Jaeden... Souffla-t-il passant ses mains dans mes cheveux.

 

Ses mots m'enivrèrent un peu plus et mes coups de reins se firent beaucoup plus violents. Bientôt, les cris de mon amant se mélangèrent à mes gémissements.

 

Comment pouvait-il craindre Hugo ? Lui seul était capable de me combler comme il le faisait. Lui seul était capable de me rendre fou. Lui seul était capable de me rendre désespérément amoureux...

Suite dans la partie 2

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Contrepoison - 19 -  (Contrepoison) posté le samedi 21 mars 2015 12:43

« Quand je voyais Elsa avoir le cœur brisé par tout ces crétins, je ne comprenais pas pourquoi elle se mettait dans tous ces états. Je ne comprenais pas comment on pouvait souffrir autant pour une histoire d'amour. Puis j'ai vu Joey avec lui... »

 

Un grand coup frappé contre la porte réveillèrent les deux amants en sursaut.

 

- Joey ! Dépêche toi ! Je croyais que tu voulais venir avec nous voir Jérémy ! S'écria Matthew, à travers la porte.

 

Joey tourna vivement la tête vers Jaylan et sans attendre, ils se levèrent, cherchant leurs vêtements éparpillés dans la pièce.

 

- J'arrive, lança Joey, en enfilant son bas de pyjama.

- Tu as 10 secondes et j'entre ! Fit Matthew

- Laisse le tranquille... Répliqua Kilian, amusé.

 

Jaylan finit par trouver tous ses habits et lorsqu'il voulu s'habiller, Joey l'en empêcha.

 

- Passe par la fenêtre et va dans la chambre d'Olympe t'habiller, souffla Joey, tout bas.

- Tu rigoles là ! Je vais pas aller à poil dehors alors qu'il neige ! Dit-il sur le même ton.

- S'il te plaît...

 

La voix de Matthew se rapprocha, signe qu'il allait entrer et un soupire s'échappa des lèvres du brun.

 

- Tu me tues Joey... Lâcha-t-il, grognon avant d'ouvrir la fenêtre.

 

Il lâcha un juron sous la température glaciale et se dépêcha d'aller frapper à la fenêtre d'Olympe. Joey refermait la fenêtre quand Matthew entra. Le blond se retourna vivement, le cœur battant à mille à l'heure.

 

- C'est le bazar ici ! S'exclama-t-il en regardant autour de lui.

 

**

 

Olympe, ensommeillée, se leva et alla ouvrir sa fenêtre pour savoir d'où provenait ce bruit. Mais la vision de Jaylan, nu, les vêtements cachant son sexe, la réveilla aussitôt.

 

- Je suis toujours en train de rêver ? Demanda-t-elle des étoiles plein les yeux.

- Laisse-moi rentrer, ça caille ! S'écria le brun en entrant dans la chambre.

- Qu'est-ce que tu fais tout nu dehors ?

- Matthew est dans la chambre de Joey.

 

Il voulu commencer à s'habiller mais il se rendit bien vite compte que le regard de la jeune femme ne le lâchait pas une seconde.

 

- Tu pourrais te retourner s'il te plaît ? Fit-il, dans une grimace.

 

**

 

- On y va ? Demanda Joey, en sortant de la salle de bain, et en se dirigeant vers l'entrée.

- Attends, tu ne nous offres pas un café ? Souffla-t-il, surpris.

 

Joey regarda nerveusement la porte de la chambre de sa colocataire, puis alla dans la cuisine, de mauvaise grâce. Ils commencèrent à parler de tout et de rien mais Joey se figea net en voyant Olympe sortir de sa chambre, un large sourire étirant ces lèvres.

 

- Ah, si vous saviez les gars, il y a des matins comme ça où on n'a vraiment pas envie de quitter sa chambre ! Lâcha-t-elle en lançant un sourire moqueur à Joey.

- Pourquoi, tu as ramené un mec hier ? Demanda Kilian, amusé.

 

La jeune femme rigola légèrement et Joey envoya un regard nerveux à son ami, qui comprit aussitôt.

 

- Euh... Dépêche toi Matt, on va être en retard... Souffla Kilian en se levant.

- On ne lui a pas donné d'heure... Répondit Matthew, surpris.

 

Joey commença à se décaler vers la porte de sa colocataire quand tout à coup, Kilian attrapa la nuque de Matthew pour échanger avec lui un baiser passionné. Ce fut le moment pour Joey qui ouvrit la porte et fit signe à Jaylan de sortir. Le plus vite possible, ils allèrent dans l'entrée. Jaylan attrapa ses chaussures pour se figer en découvrant celles de sa sœur... Près des converses de Sydney.

 

- Qu'est-ce qu'il te prend de m'embrasser comme ça ? Demanda Matthew, les joues rouges.

- Rien... Une envie... Comme ça... Répondit Kilian, dans un sourire.

 

Joey ouvrit la porte et sans attendre Jaylan se leva, déposa un smack sur les lèvres de son amant et s'enfuit dans les escaliers de l'immeuble. Un soupire étira les lèvres du blond quand il referma la porte, avant qu'un fou rire ne s'échappe de ses lèvres...

 

**

- Je suis rentré ! S'écria-t-il en entrant dans sa maison

- Tu veux qu'on aille travailler ensemble ou tu me rejoins plus tard ? Demanda son père, assis dans la cuisine.

- Tu pars dans combien de temps ?

- Une vingtaine de minute.

 

Jaylan entra dans la cuisine pour voir sa mère préparer son sac de cours.

 

- Elsa n'est pas avec toi ? Demanda-t-elle, surprise.

- Non, je ne sais pas où elle est, répondit le brun en ouvrant le frigo pour prendre un yaourt à boire, je vais prendre une douche et on part ?

- Je t'attends, lança son père, plongé dans son journal.

 

Vingt minutes plus tard, il redescendait, propre et habillé lorsque sa sœur entra dans la maison.

 

- Je suis rentrée ! S'écria-t-elle

 

Elle sursauta en découvrant son frère dans l'escalier.

 

- Je ne t'avais pas vu, tu vas travailler avec papa ? Fit-elle amusée

- Ouais, tu étais où ?

 

La brune lui tourna aussitôt le dos, enlevant ses chaussures.

 

- Oh, je suis sortie avec Olympe et j'ai dormi dans sa chambre...

- Ah, c'est marrant parce que tu n'y étais pas quand je m'y suis faufilé pour éviter Matthew ce matin.

 

Elsa se figea aussitôt, lui tournant toujours le dos.

 

- Tu veux que je sois honnête avec toi, dit-il froid, et toi tu n'es même pas capable de me dire que tu te fais mon pote.

- Attends, ce n'est pas... Tenta-t-elle vivement.

- Je t'attends dans la voiture Papa ! Cria-t-il, avant de sortir, sans un regard pour elle.

 

**

 

La première chose que vit Joey en entrant dans le bar, c'était Stephan, assis avec ses amis. Stephan était à l'école de médecine, dans la même promotion qu'Elsa. Grand, châtain, ses cheveux mi-longs retombaient sur son visage. Ses yeux bruns, presque noirs, lui donnaient un regard assuré. Elsa lui avait confié que Joey lui plaisait, mais il n'avait jamais été vraiment attiré par lui. Et une grimace étira ses lèvres en sachant d'avance que Matthew n'allait pas rester tranquille.

 

- Salut, dit-il en s'approchant de la table.

- Tu en as mis du temps ! S'exclama le brun dans un large sourire.

- Ma mère m'a demandé de tes nouvelles, il faudrait que tu passes.

- Ok, c'est noté, tiens, prends ma place !

 

Matthew se leva et alla s'installer sur la banquette que partageait Elsa et Kilian. Immédiatement, Joey se sentit rougir se maudissant de réagir comme ça. Il s'assit sur la banquette et croisa le regard de Stephan.

 

- Tu ne devais pas partir chez tes parents ? Demanda-t-il, par politesse.

- Si, mais je suis rentré, je n'arrivais pas à travailler... Expliqua-t-il en se rapprochant discrètement de Joey.

 

La sonnette du bar retentit et tous tournèrent la tête pour voir Jaylan entrer. Les sourcils de Joey se froncèrent aussitôt en voyant l'air froid qu'arborait son amant. Un soupire s'échappa des lèvres d'Elsa qui se leva.

 

- Je reviens, dit-elle dans une grimace.

 

Jaylan prit la place de Sven qui sortit du bar, lui donnant les rennes. Il prit son tablier et l'enfila.

 

- Tu sais que tu es un champion pour faire culpabiliser les gens ? Souffla Elsa, d'une petite voix.

 

Le brun se retourna, pour lui envoyer le regard le plus noir qu'il avait en stock.

 

- Écoute, ce n'était pas vraiment contre toi... Je ne savais pas où j'en étais, se justifia-t-elle en haussant les épaules, C'est arrivé un soir et... Maintenant...

- Maintenant quoi ? Demanda Jaylan froidement, tu sors avec ou c'est juste du cul ?

- On sort ensemble.

 

Jaylan tourna la tête pour découvrir Sydney qui marchait vers eux. Un soupire s'échappa des lèvres du brun.

 

- Je comprends que tu sois déçu, reprit-elle doucement, j'aurais du t'en parler... Mais je te signale que tu as fait la même chose avec Joey... J'avais besoin de ce temps pour moi...

- Et moi j'avoue que je craignais un peu ta réaction, enchérit Sydney en passant sa main dans ses cheveux.

 

Le brun croisa le regard de son ami, ancrant ses prunelles dans les siennes.

 

- Écoute moi bien, dit-il, le plus sérieusement du monde. Il y a intérêt à n'avoir qu'elle parce que si j'apprends que tu lui as brisé le cœur, je prendrais ta paire de couilles et la mettrais dans un broyeuse, c'est compris.

 

Sydney déglutit péniblement et Elsa éclata de rire avant d'attraper le cou de son frère pour l'embrasser sur la joue.

 

**

Sven n'était toujours pas revenu et lorsqu'il vit les verres vides sur la table de Joey, un soupire s'échappa de ses lèvres en comprenant qu'ils devraient y aller. Il attrapa son plateau et se dirigea vers eux. Immédiatement le regard noir de Matthew se posa sur lui.

 

- Et on le ferait chez qui ? Demanda Stephan, pensif.

- Chez nous, il y a assez de place, répondit Sydney en croisant le regard de Joey

- Qu'est-ce que tu veux ! Cracha-t-il, faisant tourner toutes les têtes vers Jaylan.

- Je viens faire mon travail, dit-il en attrapant les vers vides, si tu n'es pas content, tu sais où est la sortie.

 

Kilian posa aussitôt la main sur la cuisse de son amant, lui intimant de se calmer, ce que fit Matthew, boudeur.

 

- Je ne fais pas le nouvel an avec vous si Jaylan ne vient pas, trancha Elsa, sérieuse.

 

Toute la table se crispa aussitôt, y comprit Jaylan. Mais avant que Matthew ne rétorque quelque chose, il répondit :

 

 - J'ai déjà un truc de prévu avec Bastien.

 

Et en évitant soigneusement le regard de Joey qui avait relevé la tête vers lui, il retourna derrière le bar.

 

- Problème résolu ! S'écria Matthew. Comment ça se fait qu'un gars comme lui puisse avoir un copain ?

- Ce n'est pas son copain ! Souffla vivement Joey, sans s'en rendre compte.

 

Il baissa aussitôt la tête devant le regard surpris de Matthew et Elsa vola à son secours.

 

- C'est son parrain, du centre de désintoxe, dit-elle, et j'aimerais bien que tu arrêtes d'être un vrai con quand je suis là.

- Ok c'est bon, on s'en va de toute façon, soupira Matthew en se levant.

 

Kilian le suivit aussitôt et ils saluèrent le groupe avant de partir.

 

- On pourrait peut-être faire une session révision avant la soirée, souffla Stephan, le regard rivé sur Joey.

- Ouais, on verra, je dois aller voir Jaylan, répondit le blond en se levant.

 

Joey ne mit pas longtemps avant de se retrouver devant le bar, observant Jaylan qui lavait les verres.

 

- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu ferais le nouvel an avec lui ? Demanda-t-il, d'une petite voix.

- Bastien me l'a proposé tout à l'heure et je ne savais pas quand on se verrait, répondit le brun en haussant les épaules.

 

Une grimace étira les lèvres de Joey qui s'assit sur un tabouret, n'appréciant pas vraiment de les voir passer une soirée ensemble.

 

- Viens avec nous ! Dit-il alors, il peut venir aussi...

- Et passer ma soirée à subir les regards noirs de Matthew ? Non, merci !

 

Un petit sourire étira les lèvres de Jaylan et il s'approcha de son amant.

 

- Et puis il me semble qu'il essaye de t'arranger un coup, je ne voudrais pas déranger... Souffla-t-il, moqueur.

 

Joey leva les yeux au ciel.

 

- Et vous allez faire quoi ? Fit-il abandonnant la bataille.

- On va sûrement aller en boite.

 

La sonnette de la porte du bar retentit et Sven appela Jaylan pour venir l'aider à décharger le camion de livraison, laissant Joey seul avec sa jalousie...

 

**

La fête battait son plein dans l'appartement de Joey, mais il n'avait pas vraiment l'esprit à ça. Il ne cessait de regarder son téléphone, attendant un signe du brun qui ne venait pas.

 

- Pourquoi tu fais cette tête ? Demanda Matthew en s'approchant de lui.

- Quel tête ? Fit Joey, feignant un sourire.

- Tu attends un sms de quelqu'un ? Tu n'arrêtes pas de regarder ton téléphone.

- Non, non... Tu as hâte de rentrer à New York ?

 

Matthew haussa les sourcils sous ce soudain changement de sujet.

 

- Oui et non... J'aime bien être à Seattle aussi, répondit-il, même si à chaque fois que je viens mon meilleur ami à l'air de me cacher quelque chose.

 

Joey rougit aussitôt et croisa son regard.

 

- Je ne te cache rien... Commença-t-il dans une grimace.

- Tu sors avec quelqu'un ?

- Non...

 

Matthew le sonda et Joey eu bien du mal à ne pas détourner son regard. Il n'était pas prêt à lui dire. Pas encore. Le brun finit par soupirer et fit un tour d'horizon.

 

- Stephan n'arrête pas de te mater... Dit-il en le montrant d'un coup de tête, si tu n'es avec personne, pourquoi tu le repousses ?

- Il ne t'est pas venu à l'esprit que peut-être il ne plaisait ? Rétorqua Joey, crispé.

- N'importe quoi, il ressemble à tous les gars avec qui tu es sorti...

- Justement, et à chaque fois ça n'a pas marché, peut-être que j'ai envie de quelque chose d'autre.

 

Ce fut au tour de Matthew de grimacer.

 

- Ce n'est pas ici que tu le trouveras... ça te dit d'aller en boite avant le décompte ? Demanda-t-il dans un sourire.

 

Le cœur de Joey fit un bond dans sa poitrine. C'était n'importe quoi. Il le savait. Mais à l'idée de voir Jaylan ce soir... Il ne pu résister.

 

- Ok, je sais où on peut aller !

 

**

Le groupe d'ami réussi à se frayer un chemin dans la boite de nuit bondée et directement, le regard de Joey fit le tour de la salle à la recherche de son amant. Lorsqu'il le vit, discutant au bar avec Bastien, un large sourire étira ses lèvres. Il fallut quelques minutes au brun pour croiser son regard, mais il partagea son sourire.

 

Le décompte du nouvel an commença et Joey tourna la tête pour découvrir Matthew qui dansait sensuellement avec Kilian sur la piste de danse. Il saisit sa chance et commença à traverser la foule pour rejoindre Jaylan.

 

Cinq... Quatre... Trois... Deux... Un...

 

Quelqu'un attrapa la main de Joey et le força à se retourner. Joey écarquilla les yeux en découvrant Stephan. Tout se passa tellement vite. Stephan se jeta sur ses lèvres et Joey se figea sur le coup. Mais lorsqu'il sentit le châtain laisser glisser sa langue sur ses lèvres, il réagit aussitôt et le repoussa violemment.

 

- Non mais ça ne va pas ! S'écria-t-il en essuyant la bouche.

 

Il se retourna vivement pour trouver Jaylan du regard. Un frisson le saisit alors qu'il le voyait furieux. Il voulu faire un pas vers lui mais le brun réagit au quart de tour. Il attrapa Bastien par sa chemise et plaqua ses lèvres sur les siennes.

 

Recevoir un sceau d'eau glacé aurait eu le même effet. Bastien ne fit pas un geste pour l'arrêter et quand l'air vint à leur manquer, Jaylan croisa à nouveau le regard de Joey avant d'attraper la main de son ami et de prendre la direction de la sortie...

 

« Puis j'ai vu Joey avec lui... »

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