Beauté inaccessible - 24 -  (Beauté inaccessible) posté le mardi 16 avril 2013 23:24

 

« Je t'aime aussi Noah... Et jamais je ne pourrais t'oublier... »

 

Les jours qui suivirent n'avaient rien changé. Tu t'évertuais à faire comme si de rien n'était et évitais le sujet quand je l'abordais. J'étais totalement perdu et tu ne m'aidais pas. Maintenant que j'y réfléchis, je pense que tu essayais de me faire croire que tout allait bien, que tu n'allais pas mourir... Mais dès que Mathis avait prononcé ces mots, ça avait brisé quelque chose en nous. Brisé un avenir commun, brisé des projets... Brisé notre vie.

 

J'étais retourné travailler mais ce n'était plus avec la même vigueur. J'aimais toujours autant mon travail mais j'avais peur maintenant. Peur de ne plus te voir lorsque je rentrerais. Tu avais voulu me quitter pour me cacher la vérité, mais maintenant que je savais tout, qu'est-ce qui te retenait ?

 

Ce jour là, tu avais une réunion avec le conseil administratif de l'entreprise de mon père et c'était mon jour de congé. Alors au lieu de rester chez nous à me poser milles et une questions, j'étais partis voir Mathis. Le fait que je sache tout n'avait pas éteint sa colère, au contraire. Il ne me connaissait plus. Lorsque nous étions ensemble lui et moi, j'étais égoïste et immature et si j'avais appris une nouvelle pareille, j'aurais fuit depuis bien longtemps. Mais là, je ne voulais pas fuir. Je t'aimais tellement que même cette idée me paraissait inconcevable.

 

- Combien de temps il lui reste ? Demandais-je les larmes aux yeux.

- Un an... Mais je ne suis même pas sûr qu'il arrivera à tenir jusque là. Répondit Mathis, assis derrière son bureau.

- Il n'a pas l'air malade...

- Mais il l'est... Pour l'instant ce ne sont que des migraines passagères mais son état va empirer.

- Comment ?

- Chaque patient réagit différemment... Certains se sentent fatigués et ne peuvent plus bouger, d'autres sont tellement mal qu'ils doivent être hospitalisés.

 

J'avais l'impression d'être dans un cauchemar.

 

- Qu'est-ce qu'on peut faire ? Soufflais-je alors que mon regard se posait sur la fenêtre de son bureau, regardant le paysage.

- Rien... Il n'y a plus rien à faire...

- Et la chimio ? Pourquoi on ne peut pas retenter ça ? Demandais-je soudain, terrifié par ce qu'il me disait. Et les traitements, j'ai souvent vu...

- Il t'a caché ça Owen ! Me coupa-t-il, le regard noir.

 

Je me tu, surpris par ce changement de ton.

 

- Il te l'a caché alors qu'il savait depuis le début que ça n'avait aucune issue. Reprit-il cette fois plus calmement. Et quand tu as changé, quand tu as commencé à t'attacher à lui, il a continué à te mentir... Comment peux-tu accepter ça !

 

Ce fut à mon tour de lui lancer un regard noir. Mathis avait peut-être raison mais ce n'était pas pour me soulager qu'il me disait ça, ce n'était que de la pure jalousie. Tu étais sur ton lit de mort et il ne pensait qu'à lui.

 

- On ne parle pas de moi... Soufflais-je les dents serrées. On ne parle pas de toi et moi, ni de ta jalousie Mathis, on parle de ton ami, de l'homme que j'aime et qui va mourir ! Pourquoi tu ne fais rien ?

- Parce que j'ai déjà tout essayé ! Cria-t-il, en se levant brusquement.

 

Un soupire s'échappa de ses lèvres et il contourna son bureau pour regarder par la fenêtre à son tour.

 

- C'est mon meilleur ami...Reprit-il, plus doucement, et même si je lui en veux, même s'il m'a prit l'homme de ma vie... J'ai mal. J'ai mal parce que je sais que bientôt il ne sera plus là. Mais par dessus tout j'ai mal parce que tu vas souffrir...

- Ça me regarde ça... Dis-je le voix froide.

- Tu l'as changé autant qu'il t'a changé, est-ce que tu te rends compte de ça ? Je pensais que ce n'était qu'une histoire de sexe entre vous et je t'ai vu devenir tout ce que j'ai toujours souhaité que tu sois avec moi. Et je n'ai rien pu dire, ni faire pour te retenir. Je savais tout et je n'ai rien dit alors que je savais que cette histoire était condamnée.

 

Je ne répondis rien, touché malgré moi. Il avait raison. Notre histoire était condamnée d'avance. Je sais que j'aurais du t'en vouloir. Même un tout petit peu. Mais je ne pouvais pas. Parce que même si tu avais joué avec moi, même si ma vie allait être un véritable enfer maintenant, j'avais vécu la période la plus merveilleuse de toute ma vie...

 

**

 

Six mois passèrent. Six mois durant lesquels nous avions continués nos vies comme si rien n'avait changé. Mais au début du septième mois, ton était s'était dégradé et tu avais été obligé d'arrêter de travailler. Et plus tu restais chez nous, plus l'enfer de ta maladie te rongeait de l'intérieur. Et même si j'avais mal, même si j'avais le cœur brisé de te voir ainsi, je restais près de toi. Lorsque tu étais trop mal, je n'allais pas travailler. Au fil du temps, j'avais appris à t'aider et les infirmières qui venaient t'administrer les soins palliatifs m'avaient montré quelques astuces pour t'aider à te sentir mieux. Mais je crois que de me voir ainsi, prendre soin de toi t'étais difficile. Tu ne voulais pas me voir malheureux. Tu voulais me voir vivre ma vie comme tu avais vécu la tienne. Mais j'étais incapable de partir et tu étais incapable de me dire de m'en aller.

 

Ce soir-là, je venais de finir de décorer la maison pour noël et nous devions fêter l'anniversaire de Henri qui avait eu lieu plus tôt dans la semaine. J'étais prêt mais tu étais couché dans notre lit, ayant mal à la tête.

 

- Je vais appeler Henri et lui dire que je ne viens pas... Soufflais-je en attrapant mon téléphone.

- Ne sois pas idiot ! J'ai juste mal au crâne, ça ne va pas me tuer !

 

Tu éclatas alors de rire et je te fusillais du regard. Ces derniers temps tu avais développé un humour noir déconcertant, jouant avec les mots sans réfléchir. C'était surement ta manière de minimiser l'importance de ton état.

 

- Vas fêter l'anniversaire de ton ami, je serais là quand tu rentreras. Dit-il dans un sourire.

- C'est bon, je peux... Commençais-je en haussant les épaules.

- Vas-t-en ! Je suis fatigué de toute façon alors même si tu veux rester pour abuser de moi je ne pourrais pas.

 

Un sourire en coin étira mes lèvres et je secouais la tête, cédant. Je m'approchais alors de toi et posais mes lèvres sur les tiennes dans une douceur déconcertante. Puis, après t'avoir fait promettre de m'appeler si ça n'allait pas, j'étais partis.

 

Mais même si je m'amusais, je ne pensais qu'à toi. Chacune de mes pensées allaient vers toi. Et ce n'est pas ta tumeur qui faisait ça. Je t'aimais tout simplement et depuis longtemps déjà. Depuis ce jour où j'ai tout appris, j'ai arrêté de penser à l'avenir. J'ai tiré un trait sur la possibilité de vieillir avec toi. Je ne me contentais que du présent, même si en ce moment il ne nous étais pas très clément.

 

- Tu veux un autre verre ?

 

Je relevais la tête, coupant court à mes pensées pour croiser le regard de Ai-Vân. Un sourire étira mes lèvres et je refusais alors qu'elle s'assit à mes côtés.

 

- Comment ça va ? Demanda-t-elle l'ai soucieuse.

- Ça peut aller... Répondis-je en haussant les épaules.

- Tu sais que je suis là et...

 

Mais elle ne pu continuer car mon téléphone se mit à sonner. Immédiatement je le pris et mon sang se glaça alors que je reconnaissais le numéro de Mathis.

 

- Non... Murmurais-je, pétrifié.

 

Ai-Vân du sentir ma détresse car elle me prit le téléphone des mains et décrocha. Durant ces quelques mois, Mathis était redevenu ton médecin, mais il n'y avait plus d'amitié entre lui et moi. Lorsque tu le voyais, vous restiez les meilleurs amis mais vous ne parliez jamais de moi car il souffrait et je comprenais parfaitement cette mise à l'écart. Mais si ce soir s'il m'appelait... C'était parce qu'il se passait quelque chose. Et le regard triste que me fit Ai-Vân me le confirma.

 

Sans attendre, je me levais et attrapais ma veste. Ai-vân en fit de même alors qu'elle prévenait Henri. Et c'est ainsi que nous prîmes la route alors qu'elle me mettait au courant. Tu étais à l'hôpital. Je t'avais laissé alors que tu allais mal et une fois de plus tu m'avais menti sur ton état. J'étais en colère contre toi. Contre ta bêtise.

 

Quelques minutes plus tard, j'arrivais aux urgences en te réclamant. Mais on fit appeler Mathis qui ne tarda pas à arriver. Je su tout de suite à son regard que quelque chose n'allait pas. Il posa alors sa main sur mon épaule et mon cœur se brisa en milles morceaux alors que je comprenais ce qui se passait. J'avais l'impression de tomber dans un énorme précipice. Mon corps entier semblait peser une tonne et je luttais pour ne pas m'effondrer.

 

- Non... Pas maintenant... Murmurais-je, sentant mes larmes couler sur mes joues.... C'est trop tôt...

- Il est à bout depuis un moment déjà... Mais il ne voulait pas te le dire... Répondit Mathis, en voulant me prendre dans ses bras.

 

Mais je le repoussais violemment. Ce n'était pas lui que je voulais voir. Je ne réagis pas lorsque Mathis tenta de me retenir, simplement guidé par l'envie de te voir. Immédiatement, je me dirigeais vers la salle où j'avais vu ton ami sortir et mon cœur se serra une nouvelle fois. Tu étais là, allongé dans ce lit d'hôpital, blanc comme un linge. Comme si tu avais senti ma présence, tu relevas la tête et ton regard s'ancra dans le mien. Et pour la première fois depuis notre rencontre, je compris que je n'étais pas le seul à avoir peur. Sans attendre, j'ouvrais cette porte et entrais dans la salle.

 

- Tu n'aurais pas du venir... Dis-tu, la voix faible.

- Et toi tu es un idiot, répondis-je en laissant une nouvelle fois mes larmes couler.

 

Doucement, je vins m'allonger dans ton lit et calais ma tête dans ton cou. Ton bras m'enlaçait alors que ma main se posait sur ta joue.

 

- Mathis va péter un câble... Lâchas-tu dans un sourire, alors que tu posais ton regard sur la porte, croisant certainement le regard de ton ami.

- Tant pis.

 

Et délicatement j'attrapais ton visage, pour poser mes lèvres sur les tiennes. Un baiser doux, timide, amoureux. Un baiser magique qui resterait gravé en moi comme tous les autres.

 

- Je suis désolé... Murmuras-tu alors que tu commençais à t'endormir.

- De quoi ? Demandais-je en resserrant mon étreinte autour de toi.

- De te faire subir tout ça...

- Ce ne serait pas vraiment toi si tu ne cherchais pas à me compliquer la vie...

 

Tu éclatas de rire mais immédiatement une quinte de toux te secoua. Je m'écartais légèrement pour te laisser respirer, puis, lorsque tu te rassis, je repris ma place et cette fois, ce fut toi qui me serra fort contre toi. Ainsi lové contre toi, je ne souhaitais plus qu'une chose, mourir au creux de tes bras.

 

Alors que je sentais ta respiration ralentir et que tu commençais à t'endormir, tu pris une nouvelle fois la parole, achevant de me rendre amoureux de toi.

 

- Je t'aime Owen...

 

« Je t'aime aussi Noah... Et jamais je ne pourrais t'oublier... »

 

 

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2 commentaire(s)

  • mailynn2 dim. 02 déc. 2012 20:15
    Merci Eyme, c'est gentil ! Oui c'est triste... En plus je l'ai écris sur "Imagine" de Emili Sandé, alors j'ai fini en larmes !! ^^

  • Eyme

    dim. 02 déc. 2012 19:40

    Même si c'est carrément triste c'est beau !
    Vivement vendredi
    Trop belle histoire.


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